L’HEURE NOIRE

 

Du fond de ma douleur, vers toi je crie, ô Père,

Du fond de ma douleur j’implore ton secours.

Tu vois ma vie entière et combien furent courts

Ces moments où tout chante et brille sur la terre.

 

Plus de force, plus d’allégresse, plus d’espoir,

Cette grâce n’est plus, qui me faisait encore

Saluer d’un cœur neuf chaque nouvelle aurore

Comme un don de ta main pour marcher jusqu’au soir.

 

Hélas, vous le savez, très doux Seigneur qui êtes

Notre Père, je ne suis pas de ces athlètes

Qui portaient sans faiblir leur fardeau jusqu’au bout.

 

Vers vous je crie au fond de ma grande misère.

Faites, mon bien-aimé, puisque vous pouvez tout,

Mon âme plus vaillante ou ma croix plus légère.

 

1993