AUBE

 

Lorsque l’homme qui a veillé

Toute la nuit, en gardant vive

La lumière qui le fait vivre,

Commence enfin à vaciller,

 

L’aube survient – souffle ou murmure -,

Met sa main fraîche sur le front,

Fait refleurir chaque poumon,

Lisse du doigt la veine dure,

 

Puis vous l’embaume de douceur

De pied en cap, molle momie…

Elle regarde l’endormie

Et se blottit contre son cœur.