Lorsque nous serons morts à ce monde menteur,
Lorsque la vérité sortira de l'erreur
Comme le jour du fond des ténèbres se lève;
Quand l'ancienne douleur aura fui comme un rêve
Et que tout ce qui fut la gloire d'un vivant
Ne sera plus qu'un peu de cendres dans le vent;
Quand nous serons jugés selon la loi nouvelle,
Inlassables nageurs de la joie éternelle, -
Comme nous sourirons, ô mes chers retrouvés,
Des soucis, des tourments ici-bas éprouvés !
"C'étaient donc là, nous dirons-nous, ces grandes peines
Et ces petits plaisirs, toutes ces ombres vaines
Qui nous surent, aux jours de la terre, charmer !
Comme nous savions mal ce que c'est que d'aimer !
Ces paroles de paix qu'un Ange a dévoilées,
Comme nous les tenions, au fond de nous, scellées !
Tel à qui notre cœur refusa le pardon,
Enfant du même Dieu, fils du même limon,
Le voilà rétabli dans sa juste lumière.
O vie et joie, amour et paix, Bonté première !

 

janvier 1977