HOMMAGE SIMPLE

 

Merci, mon Dieu, qui m’avez donné cette heure,

Ces oiseaux dans le silence du vallon,

Frère Coucou, sœur Mésange et toi, Bourdon,

Mes vieux compagnons de bonne et de male heure.

 

Merci pour la fleur simple et l’arôme blond

De l’acacia qui neige sur la rivière,

Pour la graine ailée et la trêve éphémère

Du ciel où ne règne que le Bleu profond.

 

Si je devais, mon Dieu, mourir tout à l’heure,

Quittant, pour un autre lit, l’humble demeure

De folles herbes que balance le vent,

 

Moi qui n’ai bu qu’à peine aux sources profondes,

Vous trouveriez ce cœur, naguère vivant,

Encor tout embaumé des beautés du monde.

 

Vallon de la Choisille, dimanche matin 15 juin 1969